Seargent James R. HANSON

Bref historique de l’action du 15th Cavalry Reconnaissance Squadron Mechanized.



La Bretagne est occupée par la 7ème armée allemande depuis juin 1940.
La « Forteresse Saint-Malo » est défendue par plus de 10 000 hommes au moment des combats de la libération, répartis équitablement sur les deux rives de la Rance.

Sur la rive droite de la Rance, la « Forteresse Saint-Malo » est défendue par de nombreuses fortifications et par deux lignes antichars. La première, faite d’un mur et d’un canal, rejoint Doslet à Saint-Benoît-des-Ondes. A Châteauneuf, principale porte de la forteresse, les Allemands ont inondé les marais de la Bruyère, construit un mur antichar et des bunkers.

Le Technical Sergeant (T/Sgt) James R. (Bob) HANSON est affecté au 15th Cavalry Reconnaissance Squadron Mechanized, dans le peloton 2 (2nd Platoon) de la compagnie C. Il est canonnier dans le véhicule blindé du Lt. Watson.

Le 15th Cavalry R.S.M. a débarqué à UTAH BEACH les 4 et 5 juillet 1944. Il est réuni au 17th Cavalry Reconnaissance Squadron Mechanized pour former le 15th Cavalry Group Mechanized. En juillet 1944, le 15th Cavalry Group stationne à proximité de Cherbourg, à Flottemanville-Hague.

Le 15th Cavalry Group quitte Flottemanville-Hague le mardi 1er août 1944. Il est affecté à la « Force d’Intervention A » (Task Force A) du Brigadier Général Herbert L. Earnest, composante de la 3ème Armée du Lieutenant Général George S. Patton, Jr., spécialement créée pour exploiter la percée d’Avranches et foncer sur Saint-Brieuc afin de sécuriser les ponts de la ligne de chemin de fer « Paris – Brest » et enfin, poursuivre sa mission jusqu’à Brest.

Le jeudi 3 août, le 15th Cavalry Group passe Avranches, tôt le matin, à 05h00. Après un sérieux accrochage à proximité de Dol, la T.F.A. évite Dol par le Sud et bivouaque sur le plateau des landes de Villegâte, situé à trois kilomètres au Sud de Miniac-Morvan. La T.F.A. reçoit la mission de se diriger sur Saint-Malo.
Les compagnies A, B et E du 15th Cavalry Squadron sont aussitôt engagées ; la compagnie C de James Hanson et la compagnie F restent en réserve.
Le 1st Lieutenant Leo A. Moore (compagnie B) est tué au Val Hervelin, en Pleudihen. Le village est libéré le soir.

Le vendredi 4 août, les compagnies A et C du 15th Cavalry Squadron, accompagnées de chars obusiers, quittent très tôt le matin les landes de Villegâte pour se porter sur Châteauneuf. La compagnie A est arrêtée à l’approche de Châteauneuf sur la N 137. Elle va y combattre toute la journée.
Les forces américaines qui ont libéré le Val-Hervelin le soir précédent, font leur entrée dans le bourg de Pleudihen très tôt ce matin du 4 août. Ils sont accueillis par le Maire et des résistants. Ils ne tardent pas à se diriger vers Doslet, mais sont arrêtés au Pont-de-Cieux, la route étant coupée.  

A l’approche de Châteauneuf, le deuxième peloton de la compagnie C quitte la N 137 à la Costardais, pour contourner le point de résistance allemand de la Brindoire. Il passe la Ville-Boutier et se dirige vers Doslet. Le char du Lt. Watson et du Sergent Hanson est en tête du peloton. A la sortie du village de Doslet, le char de tête est frappé de plein fouet par un obus antichar. Le char s’enflamme. Le pilote John Allen est tué sur le coup. Le radio William McCullough et le canonnier James Hanson sont grièvement blessés.
Le radio est sortit du véhicule par son lieutenant. James Hanson, grièvement brûlé et les jambes brisées se laisse tomber la tête la première sur la route et rampe pour s’éloigner alors que les munitions du véhicule commencent à exploser.
Les deux blessés américains sont secourus par un Allemand et par des civils. Ils reçoivent les premiers soins avec le docteur René Jambon de Châteauneuf. Les deux blessés sont évacués vers l’hôpital du Rosais à Saint-Servan. Le radio William McCullough décède en route.
Les combats devant Châteauneuf vont se poursuivre toute la journée du 5 août. Le 15th Cavalry Group, soutenu par deux bataillons du 329ème Régiment d’Infanterie, libère Châteauneuf le soir du 5 août.

Le sergent James Hanson est évacué avec d’autres prisonniers américains par bateau à Jersey. Les Allemands l’ont laissé sur une civière sur le pont, étant persuadés qu’il allait mourir avant l’arrivée. Arrivés à Saint-Hélier, les Allemands débarquent les blessés et les transportent à l’hôpital, sauf James Hanson qu’ils laissent sur place étant donné son état moribond. C’est un jeune Jersiais de dix-sept ans, pris de pitié, qui le transporte à l’hôpital. De forte constitution, James Hanson survit et, à sa sortie de l’hôpital, il est détenu dans l’ancienne prison de Saint-Hélier, en bas de la colline « South Hill », près de « Mount Bingham », à proximité du vieux port.
James Hanson sera libéré le 9 mai 1945, jour de la capitulation de Jersey.

-Trois soldats du 15th Cavalry ont donné leur vie sur le territoire de Pleudihen : Le First Lieutenant Leo A. Moore, le Staff Sergeant Ivan E. May et le Private Hollis Bankstwon.
-Ont été tués à l’entée de Châteauneuf (la Brindoire et Doslet) : Pvt Baum, Pfc Bollotti, Pvt Dobosz, T/4 McCullough, T/5 Allen, Pvt Dollman, T/4 Jones.

James R. Hanson est né le 3 octobre 1918 à Bison, dans le Sud Dakota. Il grandit dans une ferme. Il dresse les chevaux ; pratique le jujitsu, la lutte et la boxe (87 combats, perdu un seul ; champion poids welter à Fort Riley).
Il s’engage dans l’armée le 17 septembre 1941, à Fort Crook dans le Nebraska et est incorporé dans la cavalerie avec le grade de « Technical Seargent ».
De retour à Bison après la guerre, il épouse Donna Wright, professeur d’école à Bison (décédée en 2002) ; ils ont eu 3 enfants (décédés), 12 petits enfants, « et une ribambelle d’arrières petits enfants ».
Il a exercé le métier de forgeron, soudeur, armurier, guide de chasse, fermier, cowboy et adjoint du shérif dans le comté de Perkins (SD), de 1971 à 1982. Il a continué à dresser les chevaux même s’il devait porter des bottes d'équitation spéciales à cause de ses pieds blessés.
James Hanson est revenu à Pleudihen le 15 septembre 2009 et le 12 juin 2014 sur les lieux de son combat.
                                                                                                                                                                                                                                                  F. SOUQUET