Capitaine  Yves LE FUR





"Issu des sous-officiers, il a franchi tous les grades. Son énergie est indomptable, sa résistance inusable et son enthousiasme indestructible. Partout où il est passé (La Flèche, le commando), il entraîne avec lui l’adhésion et l’admiration des jeunes qu’il entraîne au-delà de leurs limites. Lieutenant, il reçoit le commandement de la 4ème Cie du 9ème RCP, un superbe bâton de maréchal pour ce soldat d’exception".
( Roger Saboureau)


Photo Le Fur



    Yves LE FUR est né à CALANHEL, dans les Côtes-du-Nord, le 26 septembre 1919, dans une famille d’agriculteurs de neuf enfants. Après avoir été domestique de ferme, puis ouvrier en usine, il décide de suivre une carrière militaire.
    Engagé volontaire en 1937 au 48ème Régiment d’Infanterie de GUINGAMP, il est mobilisé le 25 août 1939 ; prend part à l’attaque du Kappel Berg et aux opérations de Belgique, de Hollande et de France, avant d’être fait prisonnier à MAZINGHEIM (Pas-de-Calais), le 23 mai 1940.  
    Interné au stalag XVII A de KAISERSTEINBURCH, en Autriche, il est rapatrié le 16 mai 1945 après cinq années de captivité. Il apprend à son retour la mort de son frère Émile et de son neveu Jean, tous deux assassinés par les Allemands.
    Yves Le Fur se marie à Guingamp le 24 septembre 1945, avec Agnès BOUCHER. De cette union naîtront cinq enfants.
    Il s’engage à nouveau et part en Autriche (troupes d’occupation), en mars 1946, à LANDECK (Tyrol), avec le 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins. Il occupe les fonctions d’adjudant de compagnie et d’interprète.
    Après un stage au Bataillon de Joinville, d’où il sort avec le brevet d’éducation physique et sportive militaire, il retourne en Autriche jusqu’en août 1948.
   De 1948 à 1951, il est affecté au Prytanée Militaire de LA FLECHE (Sarthe), en tant que Moniteur chef d’éducation physique et sportive.
     De 1951 à 1956, il fait deux séjours en Indochine au 1er Bataillon de Parachutistes Laotiens. Dans ses fonctions successives de chef de section, d’adjoint de commandant de compagnie, de conseiller technique auprès de l’armée laotienne, et au cours des différentes opérations, il met en valeur ses capacités de pédagogue, son dynamisme, son sens aigu du terrain, son allant et la maîtrise de son métier. Il obtient des résultats remarquables et surtout l’affection de ses subordonnées.
    Au cours de la retraite de Sam Neua, en avril 1953, d’abord seul, puis en compagnie de quelques survivants, il fait preuve des plus hautes qualités d’abnégation et d’énergie pour rejoindre la Plaine des Jarres, après un mois passé dans la brousse.
    Vient ensuite la guerre d’Algérie de 1956 à 1958 au sein du 9ème R.C.P., nouvellement créé et ayant à sa tête le lieutenant-colonel BUCHOUD. Responsable du commando puis commandant la 4ème compagnie (Vert), il participe à toutes les opérations du régiment et en particulier à la bataille de Souk-Ahras où, posé au Nord de l’Oued Dekma, il prend l’initiative de venir secourir sur le MOUADJENE les éléments rescapés de la 3ème compagnie du Capitaine BEAUMONT.
    De 1958 à 1960, Yves Le Fur est muté à la section de saut en vol de Noisy-le-Sec, où il commande le Centre d’Instruction parachutiste prémilitaire à Vincennes.
    De retour en Algérie, il est affecté au 12ème Bataillon de Chasseurs alpins ; il prend le commandement de la 4ème Compagnie, de 1960 à 1961, à LA CALLE.
    L’abandon de l’Algérie est programmé. Soucieux de la vie de ses hommes, fidèle à la parole donnée et à l’honneur du drapeau, il démissionne et, par décision présidentielle, est placé en position de congé spécial, puis radié des cadres du personnel militaire, en octobre 1961.
        
        Le Capitaine Yves Le Fur est titulaire de sept citations, de la Croix du combattant, de la Croix de guerre 39-45, de la Croix de guerre TOE, de la Croix de la valeur militaire et d’Officier de la Légion d’Honneur. Il est aussi chevalier dans l’ordre du Million d’éléphants et du Parasol Blanc, et dans l’ordre du Mérite civique laotien.    


Communication François Le Fur


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